Transition énergétique

DPE 2027 : nouveau calcul et changements réglementaires

October 2026
3 min

À compter du 1er janvier 2027, le diagnostic de performance énergétique (DPE) connaîtra plusieurs évolutions réglementaires. Parmi les principales nouveautés figurent l'abaissement du coefficient de conversion de l'électricité de 1,9 à 1,7, l'enrichissement des informations du diagnostic et l'introduction de la mention « A0 » pour certains bâtiments à émissions nulles. Ces changements pourraient améliorer le classement énergétique de près de 300 000 logements, sans travaux supplémentaires. Propriétaires, bailleurs, syndics et professionnels de l'immobilier devront anticiper leurs conséquences sur la location, les transactions et les projets de rénovation énergétique.

DPE 2027 : le coefficient électrique passe de 1,9 à 1,7

Le principal changement du DPE au 1er janvier 2027 concerne le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire.

Cet indicateur permet de convertir l'énergie finale consommée dans un logement en énergie primaire, en tenant compte de l'énergie mobilisée pour sa production et son acheminement.

Après une première réduction de 2,3 à 1,9 entrée en vigueur le 1er janvier 2026, le coefficient électrique sera de nouveau abaissé à 1,7 au 1er janvier 2027, conformément à l'arrêté du 19 août 2026 publié au Journal officiel.
Cette évolution vise notamment à mieux prendre en compte les caractéristiques du système électrique français et à accompagner l'électrification des usages énergétiques.

Concrètement, à consommation identique, la quantité d'énergie primaire calculée pour les usages électriques sera plus faible.

Cette modification pourra donc améliorer l'étiquette énergétique de certains logements, particulièrement ceux utilisant l'électricité pour le chauffage ou la production d'eau chaude sanitaire.Attention : une amélioration du classement DPE ne signifie pas que le logement consommera réellement moins d'électricité. Elle résulte ici d'un changement de méthode de calcul et n'entraîne pas automatiquement une diminution de la facture énergétique.
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Près de 300 000 logements pourraient sortir des classes F et G

Selon les estimations des pouvoirs publics, environ 300 000 logements supplémentaires pourraient sortir des catégories F et G grâce à la baisse du coefficient électrique prévue en 2027.

Les logements chauffés à l'électricité sont particulièrement concernés, notamment ceux dont la consommation d'énergie primaire se situe à proximité du seuil permettant d'accéder à une meilleure classe.

Toutefois, tous les logements électriques ne gagneront pas automatiquement une lettre.

Comme le précise Service-Public dans sa présentation de la réforme du DPE, le résultat dépendra des caractéristiques du bâtiment et de sa consommation calculée. Aucun logement ne verra son classement se dégrader du seul fait du nouveau coefficient.
Les logements principalement chauffés au gaz ou au fioul ne bénéficieront pas directement du même effet sur leur consommation liée au chauffage, même si leurs usages électriques peuvent également être concernés.

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DPE 2027 : quelles conséquences pour les propriétaires bailleurs ?

La modification du calcul du DPE pourrait avoir des répercussions importantes sur le marché immobilier.
Pour certains propriétaires, un meilleur classement énergétique peut faciliter la mise en location ou la commercialisation d'un logement, notamment lorsque celui-ci était précédemment considéré comme une passoire énergétique.

Une possible amélioration de la valeur immobilière

L'étiquette énergétique constitue désormais un critère important pour les acquéreurs et les locataires.
Un logement qui passe d'une classe F à E, ou d'une classe G à F, peut devenir plus attractif sur le marché immobilier.

Cette amélioration peut également modifier les perspectives de travaux nécessaires pour atteindre certains objectifs réglementaires.
Toutefois, un changement d'étiquette ne garantit pas une augmentation automatique de la valeur du bien.

L'emplacement, l'état général du logement, ses équipements, ses charges et les conditions du marché immobilier restent des facteurs déterminants.


Interdiction de location : quelles échéances pour les logements F et G ?

La réforme du DPE en 2027 ne modifie pas, à elle seule, le calendrier d'interdiction de location des logements énergivores.

En France métropolitaine, les principales échéances sont les suivantes :

  • Depuis le 1er janvier 2025 : les logements classés G ne respectent plus le niveau minimal de performance énergétique requis pour être considérés comme décents.
  • À partir du 1er janvier 2028 : cette exigence s'étendra aux logements classés F.
  • À partir du 1er janvier 2034 : les logements classés E seront également concernés.

Ce calendrier est rappelé par Service-Public dans son dossier consacré aux changements du DPE en 2027.
Ces règles s'appliquent selon les dispositions prévues pour les baux concernés, notamment lors des nouvelles locations, renouvellements ou reconductions.

La baisse du coefficient électrique pourrait permettre à certains logements de sortir des classes visées par ces restrictions, sans réalisation de travaux.
Cependant, les propriétaires devront vérifier leur nouveau classement avant d'en tirer des conséquences sur leurs obligations locatives.

Une amélioration réglementaire de l'étiquette ne dispense pas nécessairement de réaliser des travaux lorsque l'état ou les performances réelles du bâtiment le justifient.

Comment mettre à jour gratuitement son DPE en 2027 ?

Les propriétaires disposant d'un diagnostic encore valide n'auront pas systématiquement besoin de faire intervenir un nouveau diagnostiqueur pour bénéficier de la modification du coefficient électrique.
À compter du 1er janvier 2027, une attestation gratuite de nouvelle étiquette énergétique pourra être obtenue sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME.

Cette attestation permettra de recalculer le classement du logement en appliquant le coefficient électrique de 1,7 aux données déjà enregistrées.
La démarche ne nécessitera donc pas de nouvelle visite lorsque les informations initiales restent valides.

Le DPE d'origine conservera sa durée de validité réglementaire et l'attestation viendra compléter le diagnostic existant.

En revanche, cette procédure ne permettra pas de corriger des erreurs présentes dans le document initial ni de prendre en compte automatiquement des travaux réalisés depuis son établissement.

Le ministère de la Transition écologique confirme cette possibilité de mise à jour gratuite, sans nouvelle visite du diagnostiqueur.
Pour les agences immobilières, administrateurs de biens et gestionnaires locatifs, cette mise à jour représentera une démarche importante avant la publication d'annonces ou la préparation de transactions immobilières.

Quelles nouvelles informations seront intégrées au DPE en 2027 ?

La réforme ne concerne pas uniquement la méthode de calcul de la consommation électrique.

À partir du 1er janvier 2027, le contenu du diagnostic sera également enrichi afin de mieux décrire les équipements, les ressources énergétiques disponibles et certaines caractéristiques techniques des bâtiments.

Ces évolutions sont prévues par l'arrêté du 11 juin 2026 portant adaptation du DPE au droit européen.

Une meilleure identification des énergies renouvelables

Le DPE intégrera des informations plus détaillées sur la production d'énergie renouvelable présente sur le site du bâtiment.

Le diagnostic pourra notamment préciser :

  • La production totale d'énergie renouvelable.
  • Sa répartition entre les différentes sources.
  • Sa contribution à la consommation énergétique finale du bâtiment.
  • La présence d'équipements de production d'énergie renouvelable.

Ces informations permettront de mieux identifier la part d'énergie produite localement, notamment lorsque le bâtiment dispose d'une installation photovoltaïque.
Pour les propriétaires et les professionnels de l'immobilier, elles pourront également contribuer à une meilleure compréhension des équipements énergétiques existants.

Des précisions sur les systèmes de chauffage et de climatisation

Le nouveau DPE comportera également des informations supplémentaires concernant les équipements techniques.
Il intégrera notamment une estimation de la durée de vie restante des systèmes de chauffage et de climatisation, selon les modalités prévues par la réglementation.

Cette indication pourra aider les propriétaires et les gestionnaires à anticiper le renouvellement des installations et les dépenses associées.
Le diagnostic apportera également des précisions sur certaines caractéristiques de fonctionnement des équipements, notamment leur aptitude à fonctionner à basse température.

La flexibilité énergétique mieux prise en compte

Autre évolution : le diagnostic intégrera davantage d'informations relatives à la capacité de certains bâtiments à adapter leur consommation d'énergie.

Cette notion, appelée flexibilité énergétique, désigne notamment la possibilité de moduler certains usages électriques en fonction des besoins du réseau ou de la disponibilité de l'énergie.
Elle prend une importance croissante avec le développement des pompes à chaleur, des équipements pilotables et de la production d'électricité renouvelable.

Une analyse plus détaillée des déperditions thermiques

Le DPE distinguera plus précisément certaines pertes énergétiques liées au renouvellement de l'air.

Les informations concerneront notamment :

  • Les pertes liées à la ventilation.
  • Les pertes associées à l'aération.
  • Les déperditions provoquées par les infiltrations d'air et les défauts d'étanchéité.

Cette distinction permettra de mieux identifier les sources de déperdition thermique et d'orienter les réflexions sur les travaux de rénovation.


DPE 2027 : à quoi correspond la nouvelle mention A0 ?

À compter du 1er janvier 2027, le DPE intégrera également une mention spécifique intitulée « A0 », destinée à identifier les bâtiments répondant à la définition réglementaire des bâtiments à émissions nulles.

Cette mention ne constituera pas une nouvelle classe automatiquement attribuée à tous les logements classés A.
Elle sera réservée aux bâtiments respectant des exigences particulières de performance énergétique et de réduction des émissions.

Pour les DPE établis selon la méthode 3CL-DPE 2021, les critères prévoient notamment une étiquette A ou B et l'absence d'installation de chauffage ou de production d'eau chaude sanitaire utilisant des énergies fossiles sur site ou à proximité.

Les conditions d'attribution de la mention A0 sont détaillées dans l'arrêté du 11 juin 2026.
Pour les professionnels de l'immobilier et du bâtiment, cette mention constituera un indicateur supplémentaire dans l'évaluation des biens et des projets de construction ou de rénovation.

Pompes à chaleur : quel impact de la réforme du DPE en 2027 ?

La nouvelle méthode de calcul pourrait renforcer l'intérêt de certaines solutions de chauffage électrique, notamment les pompes à chaleur (PAC).
Ces équipements utilisent l'électricité pour transférer les calories présentes dans l'air, l'eau ou le sol vers l'intérieur du bâtiment.

Lorsqu'une pompe à chaleur remplace une chaudière fonctionnant au gaz ou au fioul, elle peut contribuer à réduire les consommations d'énergie primaire calculées et les émissions de gaz à effet de serre.

Avec un coefficient électrique abaissé à 1,7, certains scénarios de rénovation intégrant une pompe à chaleur pourraient devenir plus favorables dans les calculs réglementaires.
Le ministère de la Transition écologique souligne d'ailleurs l'intérêt de cette évolution pour le remplacement des chaudières fossiles par des pompes à chaleur.

Toutefois, le choix d'un équipement ne doit pas reposer uniquement sur le classement DPE.
L'isolation du bâtiment, les besoins réels de chauffage, le dimensionnement de l'installation, son rendement et son coût global restent des critères essentiels. Pour les entreprises du bâtiment et les bureaux d'études, cette réforme renforce donc l'intérêt de comparer différentes solutions techniques avant d'engager des travaux.

Copropriétés : quel lien entre DPE, rénovation et charges énergétiques ?

Pour les copropriétés, les évolutions du diagnostic peuvent également alimenter les réflexions sur la performance énergétique des immeubles.

Les informations supplémentaires relatives aux équipements, aux énergies renouvelables et aux déperditions thermiques pourront contribuer à mieux comprendre les caractéristiques énergétiques des bâtiments.
Toutefois,
une amélioration de l'étiquette DPE ne signifie pas nécessairement une réduction des charges de copropriété.

Les dépenses énergétiques dépendent notamment des consommations réelles, de l'efficacité des installations collectives et des conditions des contrats de fourniture.

Pour les syndics et les conseils syndicaux, il reste donc important de distinguer trois enjeux :

  • L'amélioration réglementaire du classement énergétique.
  • Les travaux permettant de réduire réellement les consommations.
  • L'optimisation des contrats d'électricité et de gaz ainsi que des coûts d'acheminement.

Une approche globale permet de mieux préparer les projets de rénovation tout en recherchant des économies sur les charges énergétiques.


Comment les professionnels doivent-ils anticiper la réforme du DPE en 2027 ?

Les évolutions réglementaires prévues au 1er janvier 2027 nécessiteront une adaptation des pratiques de plusieurs acteurs de l'immobilier et du bâtiment.

Pour les agences immobilières et les administrateurs de biens : identifier les logements dont l'étiquette pourrait évoluer et vérifier les diagnostics avant toute mise en vente ou en location.

Pour les propriétaires bailleurs : contrôler la validité du DPE, consulter la nouvelle attestation disponible auprès de l'ADEME et vérifier les conséquences du classement actualisé sur les obligations locatives.

Pour les diagnostiqueurs immobiliers : intégrer les nouvelles méthodes de calcul et les informations réglementaires supplémentaires dans leurs pratiques et leurs outils.

Pour les syndics et les gestionnaires de copropriété : exploiter les informations pertinentes sur les installations collectives et les déperditions énergétiques afin de mieux préparer les projets de rénovation.

Pour les entreprises du bâtiment et les bureaux d'études : tenir compte des nouvelles règles dans l'évaluation des solutions de chauffage et des scénarios d'amélioration énergétique.


DPE 2027 : ce qu'il faut retenir

La réforme du diagnostic de performance énergétique prévue au 1er janvier 2027 marque une nouvelle évolution de l'évaluation énergétique des bâtiments.

L'abaissement du coefficient électrique de 1,9 à 1,7 constitue la principale mesure, avec une amélioration possible du classement de nombreux logements chauffés à l'électricité.
Les propriétaires pourront bénéficier d'une attestation gratuite de nouvelle étiquette pour les diagnostics encore valides, sans devoir systématiquement réaliser un nouveau DPE.

En parallèle, l'enrichissement du diagnostic permettra de mieux identifier les équipements, la production d'énergie renouvelable, la flexibilité énergétique et certaines sources de déperditions thermiques.
L'introduction de la mention A0 viendra compléter ces évolutions pour les bâtiments répondant aux critères réglementaires des bâtiments à émissions nulles.

Pour les propriétaires et les professionnels de l'immobilier, l'enjeu sera d'anticiper les nouvelles exigences tout en distinguant l'amélioration administrative du classement énergétique des économies réellement réalisables.

Pour les copropriétés, Energies Assist accompagne les syndics et conseils syndicaux dans l'analyse et l'optimisation de leurs contrats d'électricité et de gaz, afin de contribuer à une meilleure maîtrise des charges énergétiques.

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