Actualité de l’énergie

Prix du gaz en hausse en juillet 2026 : pourquoi faut-il anticiper ?

July 2026
3 min

Le marché du gaz naturel connaît une forte période de tension en juillet 2026. Les prix à court terme ont nettement augmenté sous l’effet de l’escalade des tensions autour du détroit d’Ormuz, des inquiétudes concernant l’approvisionnement en GNL et du niveau insuffisant des stockages européens.

Le 17 juillet 2026, le prix PEG Day-Ahead, qui correspond au prix du gaz livré le lendemain en France, a atteint 56 €/MWh, contre 48,20 €/MWh une semaine plus tôt, soit une hausse de 16,2 % en sept jours.

Dans le même temps, le CAL 2027 gaz a atteint environ 42 €/MWh, après un pic à 42,10 €/MWh, ce qui représente une progression de 23,6 % en trois semaines.
Ces évolutions montrent que le marché ne va pas en s’améliorant. Les risques géopolitiques, les faibles niveaux de stockage et les incertitudes concernant l’hiver 2026-2027 peuvent continuer à exercer une pression haussière sur les prix.

Pourquoi le prix du gaz augmente-t-il actuellement ?

La hausse actuelle du marché du gaz ne repose pas sur un seul facteur. Elle résulte de plusieurs risques qui se cumulent et renforcent les inquiétudes concernant l’approvisionnement européen.

Les principales causes sont :

  • l’escalade militaire autour du détroit d’Ormuz ;
  • les menaces pesant sur le transport maritime de GNL ;
  • le faible remplissage des stockages européens ;
  • le ralentissement des injections de gaz pendant l’été ;
  • la demande supplémentaire liée à la production d’électricité ;
  • les incertitudes concernant l’embargo sur le gaz russe en 2027.

Les tensions autour du détroit d’Ormuz font monter les prix

Le détroit d’Ormuz constitue une route stratégique pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Une part importante des méthaniers transportant du GNL en provenance du Qatar emprunte cette zone. Le Qatar fait partie des principaux exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié, ce qui rend le marché particulièrement sensible à toute perturbation du trafic maritime dans cette région.

Les frappes iraniennes visant des cargos le long des côtes omanaises, ainsi que la réponse américaine, ont renforcé les inquiétudes des marchés.

Le risque ne concerne plus uniquement le détroit principal. Les routes alternatives situées au large des côtes omanaises pourraient également être touchées, ce qui augmenterait le risque de perturbation des livraisons de GNL.
Même si les flux de gaz ne sont pas totalement interrompus, les marchés intègrent déjà une prime de risque géopolitique dans les prix.

Pourquoi le GNL est-il important pour l’Europe ?

Depuis la réduction des approvisionnements russes, l’Europe dépend davantage du gaz naturel liquéfié importé par bateau.

Le GNL permet de diversifier les sources d’approvisionnement, notamment grâce aux importations venant des États-Unis, du Qatar et d’autres pays producteurs.

Toutefois, le marché du GNL est mondial. L’Europe est donc en concurrence avec l’Asie et les autres régions importatrices.

En cas de perturbation des routes maritimes ou d’augmentation de la demande mondiale, les cargaisons peuvent être redirigées vers les marchés proposant les prix les plus élevés.

Cette situation rend les prix européens du gaz très sensibles :

  • aux tensions géopolitiques ;
  • aux coûts du transport maritime ;
  • aux disponibilités des méthaniers ;
  • aux capacités de liquéfaction ;
  • aux besoins de l’Asie ;
  • aux conditions météorologiques.

Les stockages européens sont insuffisamment remplis

Au 17 juillet 2026, les stockages européens de gaz se situaient autour de 53 %, alors que l’objectif réglementaire fixé pour le début du mois de novembre est de 80 %.

La situation reste très différente selon les pays. La France se situe autour de 52 %, mais dispose d’une structure contractuelle plus sécurisée, avec des capacités déjà commercialisées pour l’hiver.

En revanche, l’Allemagne se situe sous les 45 % et les Pays-Bas sous les 31 %. Ces niveaux sont préoccupants, car ces deux pays occupent une place importante dans l’équilibre du marché gazier européen.

L’Allemagne représente à elle seule une part significative des capacités de stockage européennes. Si ses installations ne sont pas suffisamment remplies avant l’hiver, le pays pourrait devoir augmenter fortement ses importations pendant les périodes de froid.

Cette demande supplémentaire exercerait alors une pression haussière sur les prix du gaz en Europe.

Pourquoi les injections dans les stockages ralentissent-elles ?

En période estivale, les acteurs du marché achètent généralement du gaz afin de remplir les stockages avant l’hiver.

Dans une situation normale, le gaz livré en hiver est plus cher que le gaz disponible pendant l’été. Cette différence de prix encourage les opérateurs à acheter du gaz en été, à le stocker, puis à le revendre pendant l’hiver.

Or, le marché présente actuellement une situation inverse appelée backwardation.

Le prix du gaz à court terme est plus élevé que celui du gaz livré pendant l’hiver. Le 17 juillet 2026 :

  • le PEG Day-Ahead se situait à 56 €/MWh ;
  • le produit hiver 2026-2027 atteignait environ 50,54 €/MWh ;
  • le CAL 2027 se situait autour de 42 €/MWh.

Le gaz acheté aujourd’hui coûte donc plus cher que le gaz vendu pour une livraison future. Cette structure ne favorise pas les injections dans les stockages.

Les opérateurs ont peu d’intérêt économique à acheter du gaz cher pendant l’été s’ils doivent le revendre moins cher pendant l’hiver.

Qu’est-ce que la backwardation sur le marché du gaz ?

La backwardation désigne une situation dans laquelle les prix futurs sont inférieurs aux prix actuels.
Dans un marché du gaz classique, les prix hivernaux sont généralement plus élevés en raison de l’augmentation de la consommation liée au chauffage. Cette situation est appelée contango.

La backwardation est donc paradoxale lorsque les stockages sont faibles.

Le marché considère actuellement que la forte tension observée à court terme pourrait progressivement diminuer. Toutefois, il pourrait sous-estimer les risques liés :

  • au niveau insuffisant des stockages ;
  • à un hiver plus froid que prévu ;
  • à une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz ;
  • à une réduction des importations de GNL ;
  • à l’augmentation de la demande pour produire de l’électricité ;
  • à l’évolution des approvisionnements russes.

Si les acteurs prennent davantage conscience de ces risques au cours des prochains mois, les prix futurs pourraient à leur tour progresser.

Le CAL 2027 gaz augmente fortement

Le CAL 2027 correspond à un prix de livraison du gaz sur l’ensemble de l’année 2027.
Il sert de référence aux fournisseurs pour construire une partie de leurs offres à prix fixe destinées aux entreprises, aux professionnels et aux copropriétés.

Le CAL 2027 est passé d’environ 33,98 €/MWh fin juin à 42 €/MWh le 17 juillet, soit une hausse de 23,6 % en trois semaines.

Cette progression montre que les inquiétudes ne concernent plus uniquement le marché à court terme. Les acteurs commencent également à intégrer les risques attendus pour l’année 2027.

Le prix du CAL 2027 peut notamment être influencé par :

  • la prime de risque liée au détroit d’Ormuz ;
  • les faibles niveaux de stockage ;
  • les incertitudes concernant les approvisionnements russes ;
  • les besoins européens en GNL ;
  • la consommation hivernale ;
  • la production d’électricité à partir de gaz.

Le CAL 2028 reste encore à un niveau relativement bas

Contrairement au CAL 2027, le CAL 2028 se situait autour de 27,11 €/MWh le 17 juillet 2026.
Ce prix est inférieur de 3,9 % à son niveau observé fin juin, malgré la hausse brutale du marché à court terme.

Le CAL 2028 se trouve également très en dessous du PEG Day-Ahead à 56 €/MWh. L’écart entre les deux dépasse 100 %.
Cette différence montre que les tensions géopolitiques et les inquiétudes concernant les stockages sont actuellement surtout intégrées dans les prix 2026 et 2027.

Cependant, cette situation pourrait ne pas durer. Si les risques persistent ou si les stockages restent insuffisants à l’approche de l’automne, la hausse pourrait progressivement se transmettre aux échéances plus lointaines.

Le niveau actuel du CAL 2028 peut donc représenter une fenêtre d’achat pour les clients ayant la possibilité d’anticiper leur contrat sur plusieurs années.

Quel est l’impact de la canicule sur le marché du gaz ?

Le gaz naturel n’est pas uniquement utilisé pour le chauffage. Il sert également à produire de l’électricité dans les centrales thermiques.
Pendant les fortes chaleurs, la consommation électrique augmente en raison de l’utilisation accrue de la climatisation et des équipements de refroidissement.

Si la production nucléaire ou hydraulique est réduite, davantage de centrales à gaz peuvent être sollicitées pour répondre à la demande électrique.
Une canicule peut donc entraîner une hausse de la consommation de gaz, même pendant l’été.

Cette demande supplémentaire intervient alors que les opérateurs doivent également remplir les stockages avant l’hiver, ce qui peut renforcer la tension sur les prix.

La France est-elle mieux protégée que les autres pays européens ?

La France se trouve dans une situation légèrement plus favorable que certains de ses voisins.
Son niveau de stockage reste proche de la moyenne européenne et ses capacités pour l’hiver sont déjà largement commercialisées.

Elle bénéficie également :

  • de plusieurs terminaux méthaniers ;
  • d’importantes capacités de regazéification ;
  • d’interconnexions avec les pays voisins ;
  • d’un accès au GNL importé ;
  • d’une structure contractuelle relativement sécurisée.

Cette situation ne protège toutefois pas totalement les consommateurs français.
Le prix du gaz français reste connecté au marché européen. Une difficulté majeure en Allemagne, aux Pays-Bas ou dans un autre pays européen peut donc avoir des conséquences sur les prix français.

Pourquoi le marché du gaz peut-il rester haussier dans les prochains mois ?

Plusieurs éléments peuvent continuer à maintenir les prix sous tension jusqu’à l’hiver 2026-2027.
Le premier risque concerne la poursuite du conflit autour du détroit d’Ormuz. Toute perturbation durable du trafic maritime pourrait réduire les livraisons de GNL ou augmenter leur coût.

Le deuxième risque concerne les stockages européens. Le rythme d’injection doit augmenter pour atteindre l’objectif fixé avant le mois de novembre.
Le troisième risque est météorologique. Un automne froid ou un hiver plus rigoureux que prévu provoquerait une hausse rapide de la consommation.

Enfin, les marchés anticipent également les changements attendus concernant les approvisionnements russes à partir de 2027.
La combinaison de ces facteurs crée un environnement particulièrement volatil.

Pourquoi envisager un contrat de gaz à prix fixe ?

Un contrat de gaz à prix fixe permet de sécuriser la composante énergie pendant une durée déterminée.
Si les prix de gros continuent d’augmenter après la signature, le prix contractuel de l’énergie ne suit normalement pas cette hausse, sous réserve des conditions prévues dans l’offre.

Cette solution permet notamment :

  • de maîtriser son budget annuel ;
  • de limiter son exposition aux variations du marché ;
  • d’anticiper les hausses liées à l’hiver ;
  • de sécuriser un prix lorsqu’une fenêtre intéressante est disponible ;
  • de faciliter l’élaboration des budgets prévisionnels.

Le prix total de la facture comprend toutefois d’autres éléments, tels que l’acheminement, les taxes, les contributions et certaines composantes réglementaires. Ces éléments peuvent évoluer indépendamment du prix de la molécule de gaz.

Faut-il signer son contrat de gaz maintenant ?

Il n’est pas nécessaire de changer de fournisseur à tout prix. Chaque offre doit être étudiée en fonction du contrat actuel, de la consommation du site, de la date d’échéance et du budget annuel estimé.

Cependant, le marché actuel présente plusieurs signaux de risque :

  • le prix spot a augmenté de 16,2 % en une semaine ;
  • le CAL 2027 a progressé de 23,6 % en trois semaines ;
  • les stockages européens restent insuffisants ;
  • les tensions autour d’Ormuz se renforcent ;
  • la demande hivernale reste incertaine.

Lorsqu’une offre à prix fixe est compétitive, attendre une baisse hypothétique peut donc exposer le client à une nouvelle hausse.

Avant toute signature, il est recommandé de vérifier :

  • le prix du mégawattheure ;
  • la durée du contrat ;
  • la date de début de fourniture ;
  • les conditions de révision ;
  • l’abonnement ;
  • les clauses de consommation ;
  • les tolérances de volume ;
  • les modalités de résiliation ;
  • les pénalités éventuelles ;
  • les services inclus dans l’offre.

Comment Energies Assist accompagne les professionnels ?

Energies Assist accompagne gratuitement les entreprises, les professionnels, les associations et les copropriétés dans l’analyse de leurs contrats de gaz et d’électricité.

L’objectif n’est pas de recommander systématiquement un changement de fournisseur. Nous analysons d’abord le contrat en cours afin de vérifier s’il reste adapté et compétitif par rapport au marché.

Notre accompagnement comprend notamment :

  • l’analyse des factures et du contrat actuel ;
  • la vérification du prix de la molécule et de l’abonnement ;
  • l’étude des taxes et des coûts d’acheminement ;
  • la comparaison des offres de différents fournisseurs ;
  • l’estimation du budget annuel ;
  • l’analyse des clauses contractuelles ;
  • l’accompagnement jusqu’à la prise d’effet du nouveau contrat ;
  • le suivi des échéances.

Anticiper pour mieux maîtriser son budget gaz

La hausse du marché du gaz observée en juillet 2026 montre que les prix peuvent évoluer très rapidement.
Les tensions autour du détroit d’Ormuz, le risque pesant sur les livraisons de GNL, le faible niveau des stockages européens et les incertitudes concernant l’hiver créent actuellement un contexte particulièrement volatil.

La hausse de 23,6 % du CAL 2027 en seulement trois semaines confirme que le marché ne va pas en s’améliorant.

Pour les professionnels dont le contrat arrive prochainement à échéance, il est donc recommandé de réaliser une étude sans attendre. Cette démarche permet de connaître sa position par rapport au marché et, lorsqu’une offre intéressante est disponible, de sécuriser son budget avant une éventuelle nouvelle hausse.

Faites le point gratuitement sur votre contrat de gaz avec Energies Assist.